Accueil / Les fiches SantéBD / Urgence, Hôpital / Le plâtre – On m’enlève mon plâtre

Le plâtre – On m’enlève mon plâtre

Comment enlève-t-on un plâtre ? Vous vous êtes cassé un os et vous avez eu un plâtre ? Votre médecin vous dit qu’il est temps de couper votre plâtre ? Vous devez expliquer à la personne que vous accompagnez chez l’infirmière que retirer un plâtre ne cause pas de douleurs ?   Dans(...)
Lire la suite

Comment enlève-t-on un plâtre ?

Vous vous êtes cassé un os et vous avez eu un plâtre ? Votre médecin vous dit qu’il est temps de couper votre plâtre ? Vous devez expliquer à la personne que vous accompagnez chez l’infirmière que retirer un plâtre ne cause pas de douleurs ?

 
Dans cette BD, découvrez les gestes de l’infirmière pour couper et enlever votre plâtre ainsi que le rôle du kinésithérapeute pour vous aider à vous remuscler et utiliser votre membre comme avant.

Comment coupe-t-on un plâtre ?

Pour couper le plâtre, l’infirmière utilise un appareil qui vibre. L’appareil ne coupe pas la peau, mais il fait du bruit. L’infirmière fend le plâtre des deux côtés et vous ressentez des vibrations partout dans votre corps. L’infirmière écarte le plâtre avec une grande pince, elle coupe le jersey avec des ciseaux et enlève le plâtre.

Comment sait-on que l’on peut retirer un plâtre ?

Votre médecin vous a dit de porter votre plâtre durant une durée donnée. Néanmoins, il est nécessaire de réaliser une radio pour vérifier que la lésion qui a mené à la pose d’un plâtre est bien réparée.

 
En cas de fracture, il faut vérifier que l’os fracturé est bien consolidé. Si vous avez une entorse grave ou une luxation, il faut s’assurer que les ligaments sont bien cicatrisés. Enfin, si vous avez eu une opération chirurgicale avec ostéosynthèse sous anesthésie et pose de matériel (vis, plaque, broche, clous), il faut vérifier que les lésions sont bien cicatrisées et que le matériel est bien positionné.

Que faire si la radio montre qu’on ne peut pas me retirer mon plâtre ?

Parfois, la radio montre que la consolidation attendue (de l’os ou du ligament par exemple) n’est pas complète, voire inexistante. Il faut alors poursuivre l’immobilisation.

 
Un retard de consolidation expose à un risque de développer une pseudarthrose qui se manifeste par des douleurs au long cours (douleurs chroniques) ainsi que par une gêne lorsque l’on mobilise la zone. Cependant, la survenue d’une pseudarthrose n’est pas systématique en cas de retard de consolidation.

Puis-je retirer mon plâtre tout seul ?

Non, vous ne pouvez pas enlever votre plâtre tout seul, car cette décision nécessite un avis médical de la part de votre docteur. Il est responsable de cette décision, sur la base de la radio de votre membre plâtré. Celle-ci doit montrer que la cicatrisation est suffisante afin de réaliser ce que l’on appelle l’ablation du plâtre.

 
Si vous retirez votre plâtre vous-même, vous prenez le risque d’aggraver votre lésion, si elle n’était pas suffisamment consolidée, en mobilisant précocement votre membre. Vous risquez aussi de vous couper !

Est-ce que cela fait mal de retirer un plâtre ?

Non, retirer un plâtre ne fait pas mal.

Qui peut retirer mon plâtre ?

C’est généralement la personne qui vous a posé le plâtre qui le retire : une infirmière, un médecin ou un étudiant en médecine formé.

 
Parfois, une autre personne peut vous l’enlever, si vous avez changé de lieu de vie par exemple. Une fiche qui explique la technique de pose utilisée doit être remise à cette personne.

Comment sera ma peau après que l’on m’ait enlevé mon plâtre ?

Votre peau est restée longtemps enfermée dans le plâtre. Il est complètement normal qu’elle ne ressemble pas exactement à son état avant la pose. Sa couleur a pu changer et devenir plus claire par manque d’exposition au soleil. Elle peut aussi être plus sèche à cause des frottements et sentir un peu mauvais à cause de l’enfermement et de l’humidité. Votre peau va retrouver son état normal au fil des jours.

 
De plus, vous pouvez peut-être sentir que votre membre est moins fort. C’est aussi normal puisque vous avez très peu utilisé ces muscles durant toute la durée du port du plâtre ! Il est ainsi possible que votre volume de muscles ait diminué. On parle d’atrophie musculaire.

 
Au cours des prochaines semaines, vous allez naturellement vous remuscler. Vous allez peut-être faire des exercices de renforcement musculaire prescrit par le médecin ou avec un professionnel, le kinésithérapeute.

Que fait-on après le retrait du plâtre ?

Après avoir porté un plâtre, une fois qu’il est enlevé, il est important de remuscler la zone qui a généralement perdu en force. Les articulations n’ont pas non plus été mobilisées ce qui peut les enraidir.

 
Il est nécessaire de réaliser des exercices quotidiens pour solliciter à nouveau les muscles et les articulations, particulièrement si le plâtre était posé sur un membre inférieur.

 
Pour cela, vous pouvez contracter vos muscles plusieurs fois par heure, et faire bouger vos articulations. Celles des doigts et des orteils sont particulièrement importantes. Ces mouvements, complétés par ceux de la vie quotidienne (marcher, courir, soulever des objets, etc.), permettront de retrouver votre volume musculaire et votre amplitude articulaire initiale.

Pourquoi faut-il enlever mon plâtre en cas de problème ?

Il arrive qu’une ablation précoce du plâtre soit nécessaire. Elle correspond à des situations où le port du plâtre expose à un risque pour votre santé, parfois pour éviter des complications qui peuvent être irréversibles.

 
Dans ces cas, retirer le plâtre ne signifie pas que vous êtes guéri mais qu’il faut traiter une urgence. Il s’agit souvent d’une compression au niveau de la peau, des muscles, des nerfs et des vaisseaux sanguins.

 
Parfois, le retrait du plâtre suffit à régler le problème. Cependant, dans des situations plus graves, il faut procéder à une prise en charge spécifique comme un traitement médicamenteux ou une intervention chirurgicale sous anesthésie.

A quoi dois-je être vigilant pendant que je porte un plâtre ?

Pendant toute la durée de port du plâtre, il faut être très vigilant à l’apparition de certains signes qui doivent motiver à consulter votre docteur. La liste de ces signes vous est expliquée lors de la pose du plâtre par oral ainsi que sur un document écrit que vous emmenez chez vous :

  • • le membre plâtré vous fait mal ;
  • • vous avez l’impression que vous avez du mal à respirer ;
  • • votre poitrine vous fait mal ;
  • • vos orteils ou vos doigts sont le siège de fourmillements, de picotements ou d’engourdissements. Ils sont gonflés, pâles ou bleutés ;
  • • une mauvaise odeur se dégage de votre plâtre ;
  • • votre plâtre présente une tache colorée ;
  • • un objet est coincé dans votre plâtre ;
  • • votre plâtre a été fissuré ou cassé.

Qu’est-ce qu’une raideur articulaire ?

A cause de votre plâtre, vous n’avez pas pu bouger votre articulation comme en temps normal. Cela arrive pour toute immobilisation, par exemple dans le cadre du port d’une attelle ou dans des cas plus graves, comme le coma.

 
Lorsque votre plâtre est retiré, il se peut que vous sentiez que vos mouvements sont moins amples ou que vous soyez gêné. Cette raideur articulaire va se dissiper avec le temps. Les exercices et les mouvements du quotidien vous permettront de retrouver votre mobilité d’avant.

Qu’est-ce que l’amyotrophie ?

L’amyotrophie désigne la perte de volume musculaire à cause d’une immobilisation prolongée. Ce processus est normal lorsque l’on porte un plâtre. La reprise d’une vie active complétée par des exercices physiques quotidiens permet de retrouver ses muscles.

Qu’est-ce que l’algoneurodystrophie ?

L’algoneurodystrophie est une complication possible du port inadéquat d’un plâtre, mais elle peut aussi être liée à la lésion elle-même. Lorsqu’elle est liée au plâtre spécifiquement, elle est due au mauvais positionnement de l’articulation sous le plâtre.

 
Elle apparaît souvent au bout de quelques semaines et plus rarement au bout de quelques jours. Elle se manifeste pour des douleurs de la zone. Il y a 3 stades : aigu ou pseudo inflammatoire, dystrophique et atrophique.

 
Au stade pseudo inflammatoire, la peau est rouge et présente des oedèmes. Au stade dystrophique, la peau est froide, bleutée (cyanose) et il y a un excès de transpiration. La douleur est aussi plus importante. Enfin, au stade atrophique, les mouvements sont limités et les articulations sont raides. La douleur peut encore augmenter, puis diminuer.

Souvent, l’algodystrophie se résout au bout d’un an. Il existe différents traitements comme l’injection sous la peau de calcitonine (au stade pseudo inflammatoire) et la prise de corticoïdes par voie orale.

Qu’est-ce qu’un cal vicieux ?

On parle de cal vicieux lorsqu’un os fracturé se consolide dans une position anormale. Cette déformation est souvent visible à l’œil nu. Par ailleurs, les mouvements de l’articulation peuvent être modifiés à cause de cette déformation qui est une complication de la fracture.

Puis-je faire une phlébite à cause d’un plâtre ?

Oui, parfois porter un plâtre comprime les veines et les artères, ce qui favorise l’apparition de pathologies thromboemboliques veineuses, car le sang est retenu et stagne. On trouve par exemple la phlébite ou thrombose veineuse profonde (à cause d’un caillot de sang qui obstrue une veine profonde, généralement dans la jambe) et l’embolie pulmonaire qui est la complication d’une phlébite, lorsque le caillot remonte dans l’artère pulmonaire.