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L’E.E.G. – Pendant que je dors

Comment se passe un EEG pendant que je dors ? Votre médecin vous a demandé de passer un EEG (électroencéphalogramme) alors que vous dormez ? Vous vous demandez comment cela va être possible ? Vous êtes aidant et vous voulez expliquer cet examen à la personne que vous accompagnez ?   Dan(...)
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Comment se passe un EEG pendant que je dors ?

Votre médecin vous a demandé de passer un EEG (électroencéphalogramme) alors que vous dormez ? Vous vous demandez comment cela va être possible ? Vous êtes aidant et vous voulez expliquer cet examen à la personne que vous accompagnez ?

 
Dans cette BD, découvrez les raisons pour lesquelles un docteur peut prescrire un EEG pendant que vous dormez et les gestes du technicien durant tout l’EEG.

Quelles maladies peut-on diagnostiquer avec un EEG ?

L’indication la plus fréquente à la réalisation d’un EEG est l’épilepsie. Néanmoins cet examen est aussi pertinent pour poser un diagnostic de :

  • • migraine ;
  • • apnée du sommeil ;
  • • maladie d’Alzheimer ;
  • • sclérose en plaques ;
  • • maladie de Charcot ;
  • • maladie de Creutzfeldt-Jakob ;
  • • encéphalite ;
  • • méningite ;
  • • délirium post-opératoire ;
  • • hémorragie cérébrale.

Qu’est-ce que l’épilepsie ?

Le mot épilepsie regroupe plusieurs pathologies neurologiques qui se manifestent par des crises dites épileptiques à cause d’un dysfonctionnement de l’activité électrique des cellules nerveuses du cortex cérébral. Il y a une hyperactivité cérébrale à cause d’une hyperexcitation des cellules nerveuses.

 
Finalement, il n’existe pas une épilepsie mais bien plusieurs syndromes épileptiques définis par leur sévérité, leur fréquence, leur cause, leur nature et leur réponse aux traitements médicamenteux.

 
L’étymologie du terme épilepsie vient du grec qui signifie « saisir, attaquer par surprise ». Les crises épileptiques sont effectivement soudaines et imprévisibles. On utilise aussi le mot « mal comitial » pour désigner l’épilepsie.

A quel âge survient l’épilepsie ?

Les premières crises épileptiques peuvent survenir à tout âge, depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte. Néanmoins, les premières manifestations ont souvent lieu durant l’enfance, l’adolescence ou après 65 ans. Il est rare de déclarer une épilepsie à partir de 30 ans.

 
Il est important de mentionner dans le carnet de santé ou le Dossier Médical Partagé (DMP) que le patient souffre d’épilepsie.

Quelles sont les causes de l’épilepsie ?

Il y a de nombreuses causes à la survenue de crises épileptiques :

  • • les épilepsies idiopathiques (ou génétiques) ont une origine génétique ;
  • • les épilepsies symptomatiques (ou métaboliques/structurelles) ont pour origine une atteinte cérébrale, par exemple à cause d’une lésion.

 
Certaines épilepsies ont une cause inconnue.

Qu’est-ce qu’une crise d’épilepsie ?

La crise d’épilepsie est la manifestation clinique de l’épilepsie. Il y en a de 2 types :

  • • les crises généralisées. Le dysfonctionnement recouvre tout le cerveau ;
  • • les crises partielles ou focales. Le dysfonctionnement est localisé dans une zone du cerveau.

Comment se manifeste une crise d’épilepsie généralisée ?

Une crise épileptique généralisée est due à une hyperexcitation des cellules nerveuses dans l’ensemble du cerveau. Elle peut néanmoins dériver d’une crise partielle.

 
On distingue plusieurs formes de crises généralisées :

  • • les crises tonicocloniques ou « grand mal ». Ce sont les plus impressionnantes, car elles peuvent se manifester par des cris, la chute de la personne, une perte de connaissance brutale, une raideur, des convulsions, la sécrétion de bave ou encore une apnée. Parfois, la personne urine involontairement et se mord la langue.
  • La crise évolue en 3 phases :

  • • phase tonique : enraidissement et contraction ;
  • • phase clonique : convulsions ;
  • • phase stertoreuse : perte de connaissance de quelques minutes à quelques heures.
  • Une fois qu’elle a repris connaissance de manière progressive, la personne ne se souvient de rien. Il y a souvent un temps de confusion post-critique.

  • • les crises myocloniques. Elles se manifestent par des secousses musculaires moins longues mais brutales, rythmées et intenses au niveau des bras et des jambes. La personne ne perd pas forcément connaissance mais peut chuter au sol.
  • • les absences qui touchent presque uniquement les enfants. Il y a une perte de contact avec un regard vitreux, une absence de réactivité aux stimuli, un clignement des paupières, des spasmes du visage, des mâchonnements, parfois un raidissement du tronc, la perte des urines et une salivation excessive. Il est rare que le patient chute ; en revanche il perd connaissance et retourne à la conscience brutalement.

Comment se manifeste une crise d’épilepsie partielle ?

Les manifestations de la crise d’épilepsie partielle ou focale sont variées selon la zone du cerveau qui dysfonctionne :

  • • des hallucinations visuelles, auditives, gustatives, etc. ;
  • • un trouble de la motricité comme une crise tonicoclonique locale, une paralysie des muscles d’un membre, de la tête, etc. ;
  • • un trouble de la sensibilité avec un engourdissement des membres ;
  • • des troubles qui s’apparentent à des troubles psychiatriques avec des flashbacks, des angoisses phobiques, une sensation de distorsion des objets ;
  • • des troubles du langage ;
  • • des troubles de la compréhension ;
  • • une augmentation du rythme cardiaque, une diminution de la tension artérielle, des vomissements, des diarrhées, une salivation excessive, des reflux gastriques, etc.

 
On parle de crise est simple lorsqu’il n’y a pas de perte de connaissance et de crise complexe s’il y a une rupture de la conscience.

 
Une crise d’épilepsie partielle peut évoluer en une crise généralisée.

Quels sont les facteurs de risque d’une épilepsie ?

Être fatigué, manquer de sommeil ou encore être anxieux sont des facteurs de risque de survenue de crises, chez les personnes épileptiques.

 
Très rarement, certaines épilepsies sont aussi photosensibles, c’est-à-dire qu’elles sont favorisées par une stimulation de lumière intermittente de type flash lumineux ou stroboscope.

Comment diagnostiquer une épilepsie ?

Pour diagnostiquer une épilepsie, il est nécessaire :

  • • d’étudier la description clinique des crises ;
  • • de réaliser un électroencéphalogramme (EEG), l’examen de référence qui examine l’activité électrique entre les neurones du cerveau. L’EEG servira aussi à caractériser l’épilepsie (généralisée ou partielle, idiopathique ou symptomatique). L’EEG peut même être enregistrée en vidéo, ce qui sera une aide supplémentaire pour faire le diagnostic et orienter la stratégie thérapeutique.

 
Des examens complémentaires sont aussi importants dans le diagnostic d’une épilepsie symptomatique : une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) notamment.

Quel est le traitement d’une épilepsie ?

A chaque type d’épilepsie (généralisée ou partielle, idiopathique ou symptomatique) correspond un traitement propre. La vigilance est de mise, car la mise en place d’un traitement inadapté, correspondant à une autre forme d’épilepsie, peut aggraver la maladie.

 
Tout d’abord, si la cause de l’épilepsie peut être identifiée, c’est cette cause que le traitement cherchera à traiter.

 
Si la cause ne peut pas être identifiée, le traitement sera symptomatique afin de supprimer la survenue de crise ou de réduire leur fréquence et/ou leur intensité. Les trois quarts des épilepsies disparaissent sous l’effet de l’un des nombreux médicaments existants. La mise en place de règles de vie doit obligatoirement être respectée en parallèle du traitement médicamenteux : respect du sommeil, non prise de certains toxiques, bonne observance du traitement médicamenteux, etc.

 
Certaines épilepsies sont pharmaco-résistantes, c’est-à-dire qu’elles ne disparaissent pas et ne diminuent pas en fréquence/sévérité sous l’action des médicaments. Cela peut arriver même si le patient suit correctement son traitement et régule son mode de vie.

Peut-on guérir d’une épilepsie ?

Oui, on peut guérir d’une épilepsie. C’est le médecin qui pourra décider et proposer au patient d’arrêter le traitement.

 
Certaines épilepsies guérissent spontanément.

Dois-je me faire opérer si j’ai une épilepsie ?

Cela n’est systématique du tout. Seuls certains patients, enfants ou adultes, peuvent être opérés pour leur épilepsie. Ce que l’on appelle la « chirurgie de l’épilepsie » est pratiquée dans des centres spécialisés et consiste à retirer la zone du cerveau en cause dans la survenue de crises partielles.

 
Un autre type de chirurgie, via la stimulation du nerf vague, vise à renforcer l’effet du traitement médicamenteux.

Faut-il aller voir un psychologue lorsque l’on est épileptique ?

Il est possible d’aller voir un psychologue ou plus largement de bénéficier d’une prise en charge psychologique en présence de troubles psychologiques. Cela permettra au patient de mieux vivre sa maladie et son traitement.

Est-ce que l’épilepsie affecte la qualité de vie ?

Oui, l’épilepsie peut dégrader la qualité de vie du patient à cause du caractère imprévisible des crises. Même chez les patients chez qui les crises sont rares ou courtes, savoir qu’elles peuvent survenir à tout instant peut être source d’angoisse.

 
L’enfant pourra développer des troubles de l’apprentissage. L’adolescent pourra être moins observant. L’adulte pour voir son équilibre social, familial ou professionnel perturbé. L’épilepsie peut par exemple conduire à perdre son emploi, son permis de conduire, son autonomie, etc.

Puis-je avoir des enfants si je suis épileptique ?

Bien sûr, la seule différence étant qu’une femme enceinte, lorsqu’elle est épileptique, doit bénéficier d’un suivi spécifique.

Quelle est la conséquence de l’épilepsie chez les personnes âgées ?

Les personnes âgées épileptiques sont plus fragiles et dépendantes que les autres. Leur mortalité et leur morbidité (conséquences d’une maladie) augmentent également. Elles doivent être régulièrement suivies par un docteur.

 
De plus, les troubles cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) augmentent le risque de développer une épilepsie.

 
Ils ont co-construit cette BD :

  • • la Société de Neurophysiologie Clinique de Langue Française