Comment surmonter la mort d'un proche ? Une bande dessinée pour traverser le deuil par étape.
Perdre un proche est l’une des épreuves les plus difficiles de la vie. La mort d’un parent, d’un conjoint, d’un enfant, d’un ami ou d’un membre de la famille bouleverse les habitudes, les émotions et les projets. Beaucoup de personnes se demandent comment vivre après la mort d’un proche, combien de temps dure le deuil ou encore si elles retrouveront un jour le goût de vivre. Même si chaque histoire est différente, il existe des repères qui peuvent aider à mieux comprendre cette période et à avancer à son rythme. A travers une bande dessinée Facile A Lire et à Comprendre (en FALC), SantéBD « Le deuil » explique ce qu’on peut vivre lors du décès d’un proche, les étapes du deuil, les émotions qu’on peut éprouver et comment retrouver peu à peu son équilibre.
Comment vivre après la mort d'un proche ?
Vivre après la mort d’un proche ne signifie pas oublier la personne disparue. Cela signifie apprendre progressivement à continuer sa vie malgré son absence. Au début, cette idée peut sembler impossible. Pourtant, avec le temps, beaucoup de personnes retrouvent peu à peu un équilibre.
Le deuil est un chemin personnel. Certaines personnes avancent rapidement, d’autres ont besoin de plusieurs années. Il n’existe pas de durée normale. Chacun traverse cette période selon son histoire, sa personnalité et la relation qu’il entretenait avec la personne décédée.
Qu'est-ce que le deuil ?
Le deuil est l’expérience douloureuse de la perte d’une personne que l’on aime. On dit qu’on « est en deuil ».
Le deuil commence souvent dès l’annonce du décès de la personne et peut continuer longtemps après les obsèques. Pendant cette période, il est normal de ressentir une grande tristesse, mais aussi de nombreuses autres émotions. Le deuil n’est pas une maladie. C’est une réaction naturelle face à une perte importante. Petit à petit, la douleur évolue et laisse davantage de place aux souvenirs heureux.
Pourquoi le deuil est-il différent pour chaque personne ?
Il y a plusieurs façons de réagir à la perte d’un proche.
Certaines personnes parlent facilement de leurs émotions. D’autres préfèrent rester silencieuses. Certaines reprennent rapidement leurs activités, tandis que d’autres ont besoin de plus de temps avant de retrouver leur quotidien.
Chaque personne avance à son propre rythme. Ce qui compte est de respecter ses besoins sans chercher à tourner la page trop vite : le deuil prend du temps.
Quelles émotions peut-on ressentir après la mort d'un proche ?
Après un décès, les émotions peuvent être intenses, nombreuses et parfois surprenantes ou contradictoires.
La tristesse est souvent très présente. Mais il est aussi fréquent de ressentir :
- de la peur ;
- de la colère ;
- des regrets ;
- de la culpabilité ;
- parfois du soulagement lorsque la personne ne souffre plus.
Toutes ces émotions sont normales. Elles peuvent changer d’une heure à l’autre. Il est possible de ressentir de la tristesse le matin et de rire avec un ami l’après-midi. Cela ne signifie pas que l’on aime moins la personne disparue.
Pourquoi peut-on avoir peur pendant le deuil ?
La peur est une réaction fréquente.
Certaines personnes ont peur de vivre seules, sans la personne qui est décédée.
Il est fréquent que les personnes endeuillées aient peur de perdre les moyens financiers et l’aide pratique que leur procurait la personne décédée.
D’autres craignent qu’un autre membre de leur famille meure aussi. Certaines pensent davantage à leur propre mort.
Ces inquiétudes diminuent souvent avec le temps. En retrouvant progressivement des habitudes et un entourage rassurant, il devient plus facile de reprendre confiance dans l’avenir.
Pourquoi ressent-on de la colère ou des regrets ?
La colère peut être dirigée contre la maladie, les médecins, les proches ou même contre soi-même.
Les regrets sont également fréquents. Beaucoup de personnes pensent à des paroles qu’elles auraient aimé dire ou à des moments qu’elles auraient voulu partager davantage.
Ces pensées font partie du deuil. Elles montrent simplement que la relation avec la personne décédée était importante. Avec le temps, les souvenirs positifs prennent généralement plus de place que les regrets.
Quels sont les effets du deuil sur le corps ?
Le deuil touche aussi le corps.
Il est fréquent de ressentir :
- une grande fatigue ;
- des difficultés à dormir ;
- une perte ou une augmentation de l’appétit ;
- des douleurs ;
- des difficultés à se concentrer ;
- une irritabilité inhabituelle.
Ces réactions sont normales après un choc émotionnel. Elles s’améliorent souvent progressivement lorsque la personne retrouve un meilleur équilibre.
Pourquoi est-il important de parler de son deuil ?
Parler de sa souffrance permet souvent de se sentir moins seul.
On peut échanger avec un membre de sa famille, un ami, un voisin, un accompagnant ou une personne de confiance. Les personnes croyantes peuvent aussi trouver du réconfort auprès d’un responsable religieux.
Il n’est pas nécessaire de raconter toute son histoire. Dire simplement « je suis triste » ou « cette personne me manque » est parfois un premier pas important.
Comment prendre soin de soi pendant le deuil ?
Prendre soin de soi est essentiel, même lorsque l’on n’en a pas envie.
Quelques gestes simples peuvent aider :
- manger régulièrement ;
- dormir autant que possible ;
- sortir prendre l’air ;
- continuer une activité agréable ;
- voir des proches de temps en temps ;
- accepter les moments de repos.
Ces habitudes ne font pas disparaître la douleur, mais elles permettent au corps et à l’esprit de retrouver progressivement des forces.
Quels rituels peuvent aider à traverser le deuil ?
Les rituels permettent de garder un lien avec la personne décédée.
Certaines personnes aiment :
- aller au cimetière ;
- déposer des fleurs ;
- allumer une bougie ;
- regarder des photos ;
- écrire une lettre ;
- créer un coin souvenir à la maison ;
- fabriquer une boîte à souvenirs contenant des objets importants.
Ces gestes apportent souvent du réconfort et permettent de faire vivre les souvenirs autrement.
Pourquoi les anniversaires et les commémorations sont-ils importants ?
Les dates importantes peuvent raviver la tristesse.
L’anniversaire du décès, l’anniversaire de naissance ou certaines fêtes rappellent naturellement la personne disparue.
Partager ces moments avec la famille ou des amis permet souvent d’évoquer de bons souvenirs et de se soutenir mutuellement. Ces moments montrent que la personne continue d’avoir une place dans la mémoire de ceux qui l’ont aimée.
Quand faut-il consulter un professionnel ?
Le deuil est normal, mais il arrive parfois que la souffrance devienne trop importante.
Il est recommandé de demander de l’aide si :
- la tristesse empêche toute activité pendant longtemps ;
- on ne prend plus soin de soi ;
- on consomme beaucoup d’alcool ou d’autres substances ;
- on perd totalement l’envie de vivre ;
- on pense souvent à la mort ou au suicide.
Dans ces situations, un médecin, un psychologue ou un autre professionnel de santé peut accompagner la personne et proposer un soutien adapté. Demander de l’aide est une démarche de protection, jamais un échec.
Comment savoir que l'on avance dans son deuil ?
L’amélioration est souvent progressive.
On recommence à dormir un peu mieux. On retrouve l’envie de voir ses proches, de travailler ou de pratiquer ses loisirs. Les souvenirs restent présents, mais ils provoquent moins souvent une douleur intense.
Certaines journées demeurent difficiles. C’est normal. Le deuil n’avance pas en ligne droite. Il comporte des périodes plus faciles et d’autres plus compliquées.
Peut-on être heureux après la perte d'un proche ?
Oui, on peut être heureux après la mort d’un proche.
Retrouver le sourire ne signifie pas oublier la personne décédée. Au contraire, beaucoup de personnes découvrent qu’elles peuvent continuer à aimer cette personne tout en profitant de leur vie.
Les souvenirs deviennent progressivement une source de réconfort. Les valeurs, les conseils et les moments partagés continuent d’accompagner le quotidien.
Que faut-il retenir pour vivre après la mort d'un proche ?
La mort d’un proche change profondément une vie, mais il est possible d’apprendre à vivre avec cette absence. Le deuil demande du temps, de la patience et beaucoup de bienveillance envers soi-même. Toutes les émotions ont leur place : la tristesse, la colère, la peur, les regrets ou même les moments de joie.
Parler de ce que l’on ressent, accepter le soutien de ses proches, prendre soin de sa santé et conserver des souvenirs de la personne décédée permettent d’avancer progressivement.
Faire son deuil ne signifie jamais oublier. La personne disparue continue de vivre dans les souvenirs, les valeurs qu’elle a transmises et l’amour qu’elle laisse à ceux qui l’ont connue.
La bande dessinée SantéBD « Le deuil » a été créée par l’association Coactis Santé et le groupe de travail constitué de : Anne Dusart (CREAI Bourgogne Franche Comté), Sarah Dumont (HappyEnd.life), Magdeleine Leroux (Fondation Anne de Gaulle), Elisabeth Cataix et Sophie Lemarié (Comité SantéBD), Frédérique Mercier (illustratrice SantéBD), Anne Le Bolu et l’atelier FALC de l’Unapei 34, et Claire Convert, Laura Coliatti et Anne Charlotte Dambre pour Coactis Santé.
Cet article a été relu et validé par Anne Dusart (CREAI Bourgogne Franche Comté) en juillet 2026.