Quand la santé mentale vacille, il n’est pas toujours facile de mettre des mots sur ce que l’on traverse. On peut sentir que quelque chose ne va pas, sans réussir à comprendre quoi. Les pensées deviennent envahissantes, le comportement change, le rapport aux autres se modifie.

Cette SantéBD consacrée à la santé mentale s’adresse à toutes les personnes qui sentent que leur équilibre psychique se fragilise et cherchent des repères pour demander de l’aide.

Comment reconnaître que l’on ne va pas bien ?

Voir sa santé mentale se déséquilibrer, c’est avant tout ne plus se sentir bien dans sa tête.
Les signes peuvent être multiples. Les pensées deviennent négatives, parfois très dures envers soi-même. On peut se dévaloriser, se sentir inutile, coupable ou incapable. Il devient difficile de se concentrer ou de trouver le sommeil.

Les comportements peuvent aussi changer : réactions plus vives, agitation, humeur changeante ou, au contraire, retrait et repli sur soi.

Pourquoi le quotidien devient-il plus difficile ?

Prendre soin de soi devient plus difficile. On peut trouver trop compliqué de se laver régulièrement, manger trop ou pas assez, dormir mal ou à des horaires décalés. Ces changements ne sont pas toujours évidents à comprendre. Parfois, on ne sait pas expliquer pourquoi on ne va pas bien. On essaie d’aller mieux mais, malgré les efforts, rien ne semble fonctionner.

Pourquoi est-il difficile de parler de ce que l’on ressent ?

Dans ces moments-là, parler peut sembler compliqué. On ne trouve pas forcément les mots pour décrire ce qui nous arrive. La honte, la peur de déranger ou de ne pas être compris empêchent parfois de se confier. Pourtant, dire qu’on ne va pas bien est essentiel. C’est la première étape pour aller mieux. Mettre des mots sur sa souffrance permet de ne plus rester seul face à elle et de trouver du soutien.

À qui peut-on demander de l’aide autour de soi ?

Quand la santé mentale se dégrade, il est possible de demander de l’aide à différentes personnes : un membre de la famille en qui on a confiance, une amie, quelqu’un qui nous accompagne, par exemple un éducateur. Ces proches peuvent écouter, poser des questions et aider à comprendre ce qui se passe.

Comment les proches peuvent-ils aider concrètement ?

Ils peuvent, par exemple, demander depuis combien de temps le mal-être est présent ou si on a déjà pensé au suicide. Ces questions peuvent sembler délicates mais on sait maintenant qu’elles soulagent, au contraire, et qu’elles encouragent à chercher du soutien. Les proches peuvent aussi aider concrètement : prendre un rendez-vous, téléphoner à un service d’aide, accompagner lors des démarches.
Le soutien de l’entourage peut ainsi permettre d’accéder plus facilement à une aide par des professionnels de la santé mentale.

Que faire quand parler à un proche n’est pas possible ?

Quand parler à un proche n’est pas possible ou pas suffisant, on peut trouver d’autres ressources. On peut contacter une ligne d’écoute spécialisée dans le soutien psychologique, il en existe qui sont gratuites, anonymes et confidentielles. Ces services permettent de parler à des personnes formées à l’écoute, de ne plus se sentir seul et d’obtenir un premier soutien.

Que proposent les lignes d’écoute ?

  • SOS Amitié (09 72 39 40 50), propose une écoute téléphonique ainsi qu’un service de discussion par tchat, accessible tous les jours de 13 heures à 3 heures du matin. Également accessible sur www.sosamitie.org Les écoutants ne jugent pas et respectent l’anonymat. Leur rôle est d’offrir une présence, une écoute attentive, sans imposer de solutions.
  • Le 3114 est le numéro national de prévention du suicide.
    Accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, il permet de joindre des professionnels de la santé mentale.
    Ce service est également disponible par tchat.
    Il s’adresse aux personnes en détresse, mais aussi à leurs proches.
  • Fil Santé Jeunes (0 800 235 236) propose aux jeunes de 12 à 25 ans, écoute et informations par téléphone ou en ligne via le tchat de leur site internet.
  • SOS Surdus permet aux personnes sourdes ou malentendantes de communiquer en langue des signes ou par écrit.
  • Les familles peuvent également être soutenues par Écoute Famille UNAFAM (01 42 63 03 03), ligne dédiée aux proches de personnes en souffrance psychique.

Pourquoi demander aussi de l'aide à son médecin traitant ?

Le ou la médecin généraliste s’occupe de la santé physique mais aussi de la santé mentale, et il peut aider en cas de mal-être. Prendre rendez-vous permet de parler de ce que l’on ressent, d’être écouté et examiné.
Il ou elle peut poser des questions sur la vie quotidienne : le sommeil, l’appétit, l’énergie, le travail, les relations.
Il ou elle peut également prescrire des examens médicaux, comme une prise de sang, afin d’écarter certaines causes physiques pouvant influencer l’état psychique.
En fonction de la situation, le médecin peut orienter vers un professionnel de la santé mentale : un psychologue ou un psychiatre.
Dans certains cas, il peut prescrire des médicaments destinés à soulager les symptômes psychiques.

Pourquoi demander aussi de l'aide à son médecin traitant ?

Le psychologue n’est pas médecin et ne prescrit pas de médicaments. Son travail repose sur l’écoute et la parole. Lors des consultations, la personne peut parler de ce qu’elle vit, de ce qu’elle ressent et de ses comportements.
Le ou la psychologue aide à mieux comprendre ses émotions et à trouver des stratégies face à des pensées négatives ou envahissantes.
Il ou elle peut proposer des exercices, par exemple de respiration ou de relaxation, afin de mieux gérer le stress et l’anxiété.
L’accompagnement peut durer dans le temps, avec plusieurs rendez-vous.
Avec le dispositif « Mon soutien psy », mis en place par l’État, il est possible de bénéficier de 12 séances par an chez certains psychologues partenaires, prises en charge par l’Assurance maladie. La personne peut prendre rendez-vous directement, sans passer par un médecin via le site : https://monsoutienpsy.ameli.fr/recherche-psychologue

Quand consulter un psychiatre ?

Le médecin psychiatre est un médecin spécialiste de la santé mentale. Il intervient lorsque les troubles sont plus importants ou persistants. Lors des consultations, il cherche à comprendre ce que ressent la personne : tristesse, colère, angoisse, peurs intenses.
Il s’intéresse également aux comportements : isolement, automutilation, consommation de drogues, troubles de l’alimentation, difficultés de concentration, crises de colère, gestes répétitifs.
Le psychiatre peut diagnostiquer un trouble psychique, c’est-à-dire mettre un nom sur la maladie. Il peut s’agir, par exemple, de troubles anxieux, de dépression, de troubles alimentaires ou de paranoïa. Poser un diagnostic permet d’accéder à une prise en charge adaptée.
En tant que médecin, il est autorisé à prescrire des médicaments et assure le suivi régulier du traitement et de ses éventuels effets indésirables. Il évalue s’il est nécessaire ou non de le poursuivre.

Pourquoi s’adresser à un centre médico-psychologique (CMP) ?

Les CMP sont des structures publiques et gratuites, présentes partout en France, situées au sein d’un hôpital ou en ville. Une équipe pluridisciplinaire accompagne les personnes : psychiatres, psychologues, infirmiers, éducateurs, assistants sociaux, ergothérapeutes.
Les CMP proposent des consultations individuelles mais aussi des groupes de parole ou des ateliers collectifs, avec des activités artistiques, des jeux de société ou de la cuisine. Ces espaces permettent de rompre l’isolement et de partager son expérience avec d’autres personnes vivant des situations similaires.

Et si j'ai besoin d'une aide en urgence ?

Parfois, la souffrance devient trop intense. On peut traverser une crise suicidaire, se sentir tellement mal que l’envie de vivre disparaît. D’autres situations nécessitent aussi une aide immédiate : crises d’angoisse sévères, hallucinations, impossibilité de bouger ou de penser clairement.
Dans ces cas, il est essentiel de demander de l’aide en urgence ou qu’un proche le fasse. Les numéros d’urgence, gratuits, peuvent être contactés :
  • 15 : Urgence médicale ou Samu
  • 112 : numéro d’appel d’urgence valide dans toute l’Union européenne
  • 3114 : numéro national de prévention du suicide
  • 114 : pour les personnes sourdes, sourdaveugles ou aphasiques ou ayant des difficultés pour communiquer à l’oral (parler ou entendre), il permet de contacter les secours par SMS (en tapant 114 à la place du destinataire), en visio via l’application Urgence114 (sur smartphone et tablette) ou par la page web www.appel.urgence114.fr. Une fois connecté au professionnel aidant, plusieurs modes de communication sont disponibles : vidéo en LSF (langue des signes française), texte/voix ou pictogrammes.

Pourquoi une hospitalisation est-elle parfois nécessaire ?

L’hospitalisation est parfois nécessaire pour protéger la personne et lui apporter des soins adaptés, même si elle n’est pas toujours souhaitée. Cette prise en charge à l’hôpital vise à assurer la sécurité et à stabiliser la situation. Elle peut être décidée par la personne elle-même, par un médecin, en accord le plus souvent avec les proches. Elle peut aussi être imposée par un représentant de l’État. La durée d’hospitalisation dépend de la situation du patient, et varie de quelques jours à plusieurs mois. Au retour à la maison, il est préférable de poursuivre le suivi avec un psychologue, un psychiatre en libéral ou dans un CMP.

Peut-on vivre avec un trouble psychique ?

On peut vivre avec un trouble psychique et mener une vie épanouie. Avec un accompagnement adapté, il est possible de retrouver un équilibre et de se rétablir. Les traitements peuvent être ajustés, modifiés, diminués, ou encore arrêtés c’est un sujet dont on peut discuter avec le médecin. Il est essentiel de ne jamais arrêter un traitement seul.
  • Des associations de soutien et d’entraide existent, comme les Groupes d’entraide mutuelle (GEM). Ces lieux permettent de rencontrer d’autres personnes concernées, de partager des expériences et de participer à des activités collectives. Les animateurs y accueillent les participants dans un cadre bienveillant. La liste des GEM en France est disponible sur : www.cnigem.fr.
  • La personne peut également se rapprocher d’associations de soutien et d’entraide dans toute la France. Psycom, organisme public d’information sur la santé mentale, recense de nombreuses associations sur son site : https://www.psycom.org/sorienter/les-associations-dentraide/

    Psycom.org recense également des lignes gratuites d’écoute et de soutien psychologique (Croix-Rouge, SOS amitié, SOS crise…) classées selon plusieurs critères (âge, profession, région, thèmes, nature du trouble…) : www.psycom.org/sorienter/les-lignes-decoute/

  • Des services d’accompagnement, comme les SAVS (service d’accompagnement à la vie sociale) et les SAMSAH (Service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés), peuvent également aider à organiser la vie quotidienne, la vie sociale, le travail et les soins. On y accède en contactant la MDPH (maison départementale des personnes handicapées).
Quand les soins et l’accompagnement sont adaptés, il est possible en fonction de ses souhaits de reprendre des projets, de retravailler, de renouer avec les activités et les relations qui comptent. La santé mentale peut se fragiliser, mais elle peut aussi se reconstruire, pas à pas, en misant sur ses propres ressources et avec de l’aide.
Pour en savoir plus, lire nos SantéBD :
Ce support a été conçu grâce à l’expertise du Dr Floriane BASS, psychiatre au Centre Psychothérapique de Nancy (CPN), Sophie ROUSCHMEYER, Valérie CRENNER et Aurélie STRESCHER du CREHPSY Grand Est, Estelle ROBLIN et Jules MANTION de l’ARSEA. Il a été réalisé grâce au soutien du Régime Local d’Assurance Maladie Alsace-Moselle.

Cette BD a été relue et enrichie par le département de la prise en charge des assurés de la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie (CNAM), Dr Eléonore THOMASSET, psychiatre à l’ARSEA et Dr Cédric BORNES, chef du service de médecine somatique du GHU Paris psychiatrie & neurosciences. Cette BD a également été relue par le bureau FALC de l’ESAT de Castelnau le Lez.

Ce texte et cette BD ont bénéficié de la relecture de Psycom, organisme public d’information sur la santé mentale en janvier 2026.